Pourquoi devrions-nous nous engager pour la lutte contre le viol en Guinée ?

Le 21e siècle, siècle où la technologie ne cesse d’émerveiller par ses innovations, siècle où le monde ne cesse de se développer, un sujet reste tabou malgré notre prétendue ouverture d’esprit. Ce sujet reste délicat à aborder dans nos sociétés africaines, il s’agit du viol. Le viol sous toutes ses formes est une atteinte à la dignité, à l’intégrité de l’Homme. C’est l’acte par lequel une personne est contrainte à un acte sexuel, par la force, la surprise, la menace, la ruse ou plus largement, sans son consentement. Il n’y a pas de cas standard de viol. La cible principale de cet acte est là gente féminine plus précisément les mineurs. Dans la majorité des cas, le viol est commis par un proche qui fait preuve de chantage, de manipulation, de menace verbale….

Ce phénomène a toujours existé dans nos sociétés. Mais de la liberté d’expression et l’interconnexion du monde grâce à internet ont permis une certaine libéralisation de la parole.

Malgré cela, certaines familles qui en sont les victimes préfèrent ne pas en parler, essentiellement par pudeur. D’autres viennent jusqu’à vouloir étouffer l’affaire. Le viol atteint la femme dans toute sa définition, de la fillette de 1 an, à la femme de 80 ans. Il n’y a pas d’âge pour ces prédateurs sexuels.

Nous enregistrons des cas de viols de manière quotidienne. En effet, selon le site en ligne Guinée360.com, au début du mois d’avril, une jeune fille d’à peine 11 ans a été violée par un homme du comité rural de Daralabé (préfecture de Labé en Moyenne Guinée).

Suite à des analyses médicales, on a décelé que la victime avait eu l’hymen déchiré et des blessures. Il s’agit là d’un acte ignoble qui va à l’encontre des droits de la femme. Surtout lorsqu’on sait que les victimes finissent par ne jamais payer leur forfait.

L’histoire se répète cette fois dans la capitale même à, Conakry. Dans le quartier Koloma, un homme de 22 ans a abusé d’une jeune fille.

Pour tous ces cas de viols, les scénarios sont à peu près similaires. Le bourreau qui est connu de la famille, la famille de la victime qui se fait corrompre, les autorités qui ne prennent pas les dispositions nécessaires, … la suite on la connait.

’Le viol est un fléau qui devient récurrent et il faut que ça cesse ! ‘’

Pourtant les conséquences de ces crimes sont énormes, diverses et variées. Qu’elles soient physiques ou psychologiques, les traces sont indélébiles sur la victime et peuvent aussi impacter son entourage. Ces réactions négatives que perçoivent les victimes de viols, nuisent très fortement à leur moral et les empêchent de remonter la pente.

Elles peuvent engendrer une baisse d’estime de soi, un manque d’assurance, un sentiment de honte, des difficultés sexuelles (abstinence ou errance, désordre de la libido, rapports sexuels douloureux, etc).  Sans oublier les difficultés relationnelles qui peuvent aboutir à un dégoût vis-à-vis des hommes. Chez certaines victimes cela peut conduire à des troubles psychiques (dépression, psychose, mal-être généralisé, sentiment de culpabilité dévorant, sentiment de vide et non-sens, dégoût de soi, de son corps, de son image dans le miroir…)

Pour les victimes à bas âge, ces traumatismes subis les poursuivent tout au long leurs vies.

Aujourd’hui plus que jamais il est temps que nous nous engagions contre ce fléau qui gangrène notre société et détruit des vies. Il est temps que les différentes institutions concernées fassent de cette lutte une priorité, il est temps que la société guinéenne, toute entière, accepte d’en parler, de reconnaître les victimes, de les assister et les accompagner et enfin, le plus important, qu’elle se lève pour l’éradiquer de nos quartiers, de nos communes, des régions, du pays.

Pourtant des lois existent en Guinée pour protéger les victimes et condamner les coupables, mais hélas elles ne sont pas appliquées et ne sont que théorie.

Aujourd’hui, le collectif #GuinenneDu21eSiecle s’engage dans cette lutte.

Le combat sera certes long mais ne dit-on pas « qu’à cœur vaillant rien n’est impossible » ?

Les Guinéens devraient s’investir pour combattre le viol et permettre ainsi à nos filles, nos sœurs, de grandir dans un environnement sécurisé où elles pourront s’épanouir.

Préconisations :

  • Les stéréotypes à l’égard des femmes violées sont malheureusement présents. Le collectif propose de mettre en place des permanences d’aide aux victimes, afin de rompre le silence, car la plupart des victimes vivent leur traumatisme en silence, par stupeur ou par honte.
  • Les autorités doivent mettre en place avec les associations présentes qui luttent contre ce phénomène grandissant, des programmes de sensibilisation et ou des formations auprès de professionnels(les).
  • Les autorités doivent mettre en place un numéro vert #viol.

C’est un problème de société, face auquel chacun peut intervenir à son échelle, selon ses possibilités. L’engagement des uns et des autres peut faire la différence. Les missions d’accompagnement, de sensibilisation, et surtout les sanctions prises à l’encontre des criminels peuvent aboutir à une réduction des cas de viols dans notre société.

 

Mariama Touppe Diallo

Mamadou Lamarana Sow

Oumou Koultoumy Bah

Maimouna Koné

Membres du collectif Guinéenne du 21e siècle

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