Genre, Technologie et Engagement en Guinée

Il y a quelques jours, le célèbre quotidien espagnol El Pais a écrit un long article sur l’impact de la campagne #GuineenneDu21esiecle sur l’environnement digital et le cyberactivisme guinéen. Comme l’article a été écrit en espagnol, nous vous proposons une traduction ici … 

Article original ici 

Un groupe de jeunes Guinéennes ont pris d’assaut les réseaux sociaux et ont réussi à attirer l’attention des médias internationaux. Elles l’ont fait en utilisant la technologie de l’information et des communications (TIC) et les réseaux sociaux réalisant une opération sans sentimentalisme. Elle revendiquent une nouvelle Guinée, une Guinée moderne et un esprit constructif. Ce sont des femmes, des jeunes et des blogueuses et leurs armes sont la créativité et l’innovation.

La Guinée n’est pas vraiment un pôle technologique en Afrique. Les données les plus actuelles montrent que la pénétration d’internet en 2015 est de 6, 5% . Cependant, ces derniers temps, la Guinée est le cadre de quelques belles initiatives sur l’usage responsable des TICs avec un résultat intéressant de la campagne de vigilance des élections GuinéeVote lancée par l’association des blogueurs Ablogui. Activité qui leur a donné une grande visibilité, du prestigie et un certain protagonisme, en Guinée comme à l’étranger. Ce pays regorge de jeunes décidés à devenir des acteurs du changement en utilisant notamment la technologie.

Parmi ces blogueurs, la très jeune Dieretou Diallo, qui était responsable de la communication de la campagne. Diallo est Guinéenne, 22 ans, et étudie à Paris. Elle fait un double diplôme en sociologie-économie et de la Communication. Elle a été la principale force motrice derrière la campagne #Guineennedu21eSiecle (Guineana siècle XXI).
La stratégie  était d’utiliser les réseaux sociaux, avec le soutien d’un blog. Les participants essaient de valoriser le profil d’une nouvelle femme guinéenne qui non seulement joue son rôle traditionnel, mais va au-delà de celui-ci dans des conditions d’équité et de d’égalité des chances. Ces jeunes femmes ont crié haut et fort sur les médias sociaux : «Nous avons des idées, nos idées vont changer la société et nous ne resterons pas silencieux. »

Avec l’excuse de la Journée internationale de la femme, les participants à la campagne ont lancé un hashtag, # Guineennedu21eSiecle  sur les réseaux sociaux , principalement sur Twitter. Le blog de la campagne a partagé leurs opinions, leurs désirs et leurs objectifs, mais aussi des textes conscience  sur la nécessité d’éradiquer la pratique des mutilations génitales féminines, pour parvenir à l’égalité salariale entre sexes et mettre fin à la violence domestique. Les jeunes femmes n’ont eu aucun financement pour cette campagne.

Une preuve du succès de la campagne est l’intérêt suscité par les médias internationaux, une opportunité pour elles de transmettre un message qui rompt avec les stéréotypes habituels. Quelques jours avant le 8 mars, Dieretou Diallo a été invitée sur la chaîne de télévision française France24 et aussi sur celle britanique BBC, pour expliquer le sens de la campagne. Mais également sur des médias guinéens.

Cette jeune femme est la figure la plus médiatique de l’initiative qui compte sur la participation d’une vingtaine de jeunes, la plupart étudiantes universitaires, dont plusieurs en France. Contrairement à ce que l’on peut penser, la campagne ne s’est pas limitée aux personnes liées aux nouvelles Technologies, aux citadins, mais a aussi touché un pan du secteur rural.

Dieretou Diallo explique avec enthousiasme que la cible est “toute personne de cette génération ayant le potentiel de bouger les choses en Guinée, des personnes qui montrent une grande motivation à réaliser des objectifs”.

Le succès et l’expérience de #Guinennedu21eSiecle peut laisser entrevoir un tournant décisif dans l’activisme digital en Guinée, au même titre que la campagne d’observation des élections de 2015; cela a donné à Ablogui une nouvelle impulsion et une salve de critiques positives dans le milieu des cyberactivistes.

Mais Dieretou Diallo aspire à un changement plus profond. “Nous espérons que cela serve à changer la façon de se communiquer des institutions. La forme actuelle n’est pas la meilleure, elle n’interesse personne, elle ennuie. On voudrait que le Ministère de la Promotion de la Femme soit présente sur les réseaux sociaux pour qu’on puisse l’interpeller et communiquer directement”, s’exprime la jeune guinéenne. Sans doute que l’objectif des activistes est ambitieux. Dieretou Diallo formule très clairement ce défi : “nous voulons encourager les jeunes à  prendre conscience des problèmes auxquels la jeunesse fait face pour provoquer un changement sur la manière dont elle se comporte.

« Je sais que c’est un travail difficile qui se fera sur le long terme, mais cela ne nous décourage pas”, assure-t-elle avec conviction. Elle explique ses plans pour le futur: “L’année prochaine, nous réaliserons des actions sur les réseaux sociaux en parallèle avec des actions de terrain. Nous avons déjà commencé les préparatifs”.

Carlos Bajos

Publicités

Une réflexion sur “Genre, Technologie et Engagement en Guinée

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s